Sophie Goldblum
Sophie Goldblum est talmudiste. Elle est titulaire d’un master recherche de L’EHESS (Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales), ainsi que d’un Master d’Études Juives de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Après ses études en yeshiva en Israel puis aux Etats-Unis, elle enseigne désormais le Talmud au sein du programme pan européen Ze Kollel et des programmes des beit midrash Ta Shma et Kol Elles. Ses interventions sont retrouver sur le site d'Akadem.
Elle fait partie du comité éditorial de Daï.
Entre tradition ésotérique, enjeux contemporains de transmission et usages commerciaux de la mystique, Michaël Sebban propose une lecture rigoureuse du Zohar à rebours des simplifications. Dans cet entretien, le fondateur de Beit HaZohar revient sur la tension entre secret initiatique et enseignement public, ainsi que sur la fonction spirituelle du Zohar, conçu comme une réinterprétation radicales des pratiques et des textes du judaïsme.
Pour se figurer la Kabbale il faut imaginer un verger. Non pas un sage jardin terrestre, mais l’espace redoutable de la vision des vérités ésotériques. Ce jardin des secrets, les Sages le nomme Pardes. Quatre sages entrèrent dans le Pardès, jardin mythique où l’on approche les mystères divins.
Ben Azzai contempla et mourut ; son âme consumée par l’excès de lumière.
Ben Zoma contempla et perdit la raison ; son esprit céda sous le poids de l’infini.
Elisha ben Abouya contempla et retrancha les pousses, sa foi ne pouvait s'accommoder de ce qu’il avait cru comprendre.
Seul Rabbi Akiva sortit sans encombres.
Là où trois furent brisés par ce qu’ils virent, Akiva demeura entier, car il savait que le mystère se contemple sans vouloir le saisir.
A l’orée de ce numéro consacré à la mystique juive, voilà la mise en garde que le Talmud déploie et que nous avons tâché de prendre au sérieux.
Rendre visible le mouvement religieux de gauche israélien, Smol Emuni, c’est éclairer un angle mort de la perspective européenne sur le camp de la paix au Moyen-Orient, en rappelant que la solidarité avec les Palestiniens se joue aussi au sein du mouvement sionisme religieux. À travers la traduction de ce reportage d’Haaretz publié en novembre dernier, Daï ! poursuit son travail de mise en lumière des judaïsmes des marges et des résistances, en diaspora comme en Israël.
Quinze siècles avant Freud, les Sages du Talmud avaient déjà fait du rêve une source de sens; et de son interprétation, un acte créateur. Entre midrash et psychanalyse Méron Gelber explore les étonnantes résonances entre deux traditions qui se répondent par delà les siècles posant la même question fondamentale : quel sens donner aux rêves ?
La figure du marrane oscille entre repoussoir et héros, incarnant à la fois une identité juive dissimulée, entachée de honte, et symbole ultime de la résilience juive à travers les siècles. Sophie Goldblum en retrace ici l’histoire, depuis les conversions forcées de Castille jusqu’au vigile d’un séminaire alsacien. A travers ces récits qui incarnent à eux seuls toutes les tensions de l'identité juive, l’autrice interroge ce que notre rapport aux marranes dit de notre judéité.
Sophie Goldblum prolonge la réflexion entamée dans notre précédent numéro qui interrogeait les contributions juives à la pensée de gauche ; en s'appuyant ici sur quelques feuillets talmudiques soigneusement choisis. Elle y met en lumière la manière dont le droit juif envisage les limites de la propriété privée et la redistribution sociale et interroge la frontière entre charité et justice. L’autrice inscrit sa réflexion dans un mouvement plus large de remobilisation des sources traditionnelles par une certaine gauche, notamment aux États-Unis, qui cherche à élaborer une éthique politique enracinée dans la tradition juive.