Alexandre Journo est critique et chercheur indépendant. Il écrit sur l’histoire des idées qui ont animé le monde juif, pour les revues Conditions, l’INRER, Daï, Sifriatenou ou sur son blog. Ses recherches portent sur la littérature juive, du franco-judaïsme, du problème de l’assimilation, du sionisme et de l’antisionisme. Il est par ailleurs membre du bureau de La Paix Maintenant.
Il fait partie du comité éditorial de Daï.
Le mouvement libéral est schématiquement, dans le spectre du judaïsme, sa branche la plus progressiste, tandis que le hassidisme est, avec le courant mitnaged, à l’autre extrémité du spectre sa branche la plus orthodoxe. Il y a pourtant une affinité particulière du premier pour le second. Martin Buber a popularisé, plus qu’aucun autre, la sagesse hassidique. Quand on lit encore la vie de Kafka, juif très assimilé, pas tout à fait libéral, fils de traditionalistes, mais pas traditionaliste lui-même, ce qui aiguise sa curiosité dans le judaïsme c’est d’abord le hassidisme du théâtre yiddish. Comment comprendre cette affinité ? Nous avons interrogé Étienne Kerber, rabbin libéral et à la sensibilité néo-hassidique.
Au lendemain de la Shoah, dans les camps de Displaced Persons, trois rabbins survivants entreprennent de réimprimer le Talmud, leur « patrie portative ». De la quête du papier et du collodion à celle des matrices de caractères hébraïques, l’entreprise se heurte à d’innombrables obstacles dans une Europe en ruines. Ce Talmud des survivants, achevé vers 1950, reste le symbole d'une renaissance spirituelle forgée sur les ruines mêmes de la destruction. Récit de Michel Levine.
La vie juive en France touche-t-elle à sa fin ? Voilà la question vertigineuse que semblent nous poser Dov Maïmon et Didier Long dans leur essai La fin des Juifs de France ?, un titre où le point d'interrogation n’est présent que par politesse. Et en effet, depuis le 7 octobre, le souffle d’un antisémitisme décomplexé et la solitude croissante des Juifs de France ont installé partout un sentiment d’urgence. Mais en noircissant à l’excès le tableau, cet ouvrage oblige le lecteur à un inconfort singulier : relativiser une réalité pourtant grave, tant le diagnostic proposé manque de rigueur. Une recension d’Alexandre Journo.