Lola Zerbib-Kahanne est designer et autrice. Avec Salive, elle propose des « micro-voyages gustatifs » dans Paris, une nouvelle façon de découvrir des spécialités culinaires et d’aller à la rencontre de l’autre le temps d’une balade gastronomique. Elle explore les cultures juives et ses cuisines dans son infolettre hebdomadaire « Un litre d’huile par semaine ».
Elle propose à chaque numéro une recette originale pour Daï, elle fait également partie du comité éditorial et illustre parfois des articles.
Le mouvement libéral est schématiquement, dans le spectre du judaïsme, sa branche la plus progressiste, tandis que le hassidisme est, avec le courant mitnaged, à l’autre extrémité du spectre sa branche la plus orthodoxe. Il y a pourtant une affinité particulière du premier pour le second. Martin Buber a popularisé, plus qu’aucun autre, la sagesse hassidique. Quand on lit encore la vie de Kafka, juif très assimilé, pas tout à fait libéral, fils de traditionalistes, mais pas traditionaliste lui-même, ce qui aiguise sa curiosité dans le judaïsme c’est d’abord le hassidisme du théâtre yiddish. Comment comprendre cette affinité ? Nous avons interrogé Étienne Kerber, rabbin libéral et à la sensibilité néo-hassidique.
À chaque numéro, Lola Zerbib-Kahanne clôt Daï avec une recette qui répond au thème. Pour ce numéro consacré aux mystiques juives, elle propose une version végétarienne du foie haché ashkénaze, à base de haricots rouges et pinto. Mais d’abord, une question : peut-on manger des animaux tout en étant aligné avec la foi ?
Albert Cohen est probablement le plus grand écrivain sépharade de langue française, il est aussi un des archivistes de la cuisine juive sépharade. Pour son retour dans les colonnes de Daï, Lola Zerbib-Kahanne a choisi de mettre à l’honneur la cuisine de Mangeclous, sa boutargue, ses calamars frits – qu’à dieu ne plaise –, ses œufs durs, son cou d’oie farci, ses oignons frits et « saucisses de bœuf garanties de stricte observance et véritables chéries », des mets plus gourmands que les Homard Thermidor, Ris de veau princesse et Bécassines sur canapé d’Adrien Deume.