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Qu’est-ce que les libéraux trouvent au hassidisme ?
Le mouvement libéral est schématiquement, dans le spectre du judaïsme, sa branche la plus progressiste, tandis que le hassidisme est, avec le courant mitnaged, à l’autre extrémité du spectre sa branche la plus orthodoxe. Il y a pourtant une affinité particulière du premier pour le second. Martin Buber a popularisé, plus qu’aucun autre, la sagesse hassidique. Quand on lit encore la vie de Kafka, juif très assimilé, pas tout à fait libéral, fils de traditionalistes, mais pas traditionaliste lui-même, ce qui aiguise sa curiosité dans le judaïsme c’est d’abord le hassidisme du théâtre yiddish. Comment comprendre cette affinité ? Nous avons interrogé Étienne Kerber, rabbin libéral et à la sensibilité néo-hassidique.
Le Talmud nouveau est arrivé
Au lendemain de la Shoah, dans les camps de Displaced Persons, trois rabbins survivants entreprennent de réimprimer le Talmud, leur « patrie portative ». De la quête du papier et du collodion à celle des matrices de caractères hébraïques, l’entreprise se heurte à d’innombrables obstacles dans une Europe en ruines. Ce Talmud des survivants, achevé vers 1950, reste le symbole d'une renaissance spirituelle forgée sur les ruines mêmes de la destruction. Récit de Michel Levine.
On reste sur notre fin
La vie juive en France touche-t-elle à sa fin ? Voilà la question vertigineuse que semblent nous poser Dov Maïmon et Didier Long dans leur essai La fin des Juifs de France ?, un titre où le point d'interrogation n’est présent que par politesse. Et en effet, depuis le 7 octobre, le souffle d’un antisémitisme décomplexé et la solitude croissante des Juifs de France ont installé partout un sentiment d’urgence. Mais en noircissant à l’excès le tableau, cet ouvrage oblige le lecteur à un inconfort singulier : relativiser une réalité pourtant grave, tant le diagnostic proposé manque de rigueur. Une recension d’Alexandre Journo.
Qui est juif ?
Qui est juif ? En Israël; la question n’est pas seulement théologique ou identitaire mais bien un enjeu juridique et politique central, révélateur des tensions qui structurent le projet sioniste depuis ses origines. À travers les affaires Rufeisen (1962) et Shalit (1970), Alexandre Journo explore les lignes de fracture entre centre et marges, en montrant comment l’État-nation hébreu produit, au cœur même de ses institutions, une norme juive fluctuante, se cherchant à tâtonsentre les legs d’une judéité diasporique et une identité israélienne en construction.
À la croisée de la sociologie, du droit et de l’histoire juive, cette réflexion éclaire les paradoxes d’une nation aux frontières fraîchement tracées ne cessant de questionner les contours de son appartenance.
Ceci n’est pas un livre sur l’antisémitisme
La Fabrique nous promet un guide pour lutter contre l’antisémitisme, au singulier, et ses instrumentalisations, au pluriel, celles-ci étant plus nombreuses, et on le verra, plus graves, que celui-là. Alexandre Journo a lu pour Daï ce très médiatique pamphlet. Dans une analyse au vitriol, il offre une lecture critique de ce coup éditorial de la Fabrique, qui prétexte un livre sur l’antisémitisme pour dresser un n-ième procès du sionisme de gauche.