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Enseigner le conflit israélo-palestinien
À rebours des craintes d’une importation du conflit israélo-palestinien en France, en particulier à l’École, Théo Cohen témoigne d’une réalité de terrain bien plus nuancée où les élèves font davantage preuve de curiosité intellectuelle que de discours de haine. Il nous explique comment la démarche Parallel Histories encourage un recul critique sur nos propres perceptions et permet la construction des savoirs par le dialogue. En ce sens, il soutient que l’enseignement du conflit israélo-palestinien peut être une étape clé de la construction citoyenne des élèves.
Je suis juive et je suis de gauche : conflit de loyauté, conflit d’identité ?
Maëva Journo revient sur les élections législatives de juin-juillet. Elle a voté NFP, sans pouvoir imaginer d’autre choix. Et pourtant, cette évidence butait sur quelque chose : comme juive, elle vivait là un conflit de loyauté. La lutte contre l'antisémitisme demeurant un point d'achoppement.
Foutez-vous de notre gueule, s'il vous plaît
La scène humoristique française a bien changé en 40 ans et semble évoluer vers un rire moins moqueur, moins misogyne et moins raciste. Pourtant, les artistes échouent parfois à faire apparaître leur « pacte humoristique » et peuvent heurter le public. Emmanuel Sanders explore ici le malaise que peut ressentir le public juif devant une scène de théâtre à travers le cas de Dieudonné et de ses héritier•es, puis nous montre aussi qu’il est tout à fait possible de rire avec les juifves (et non à leur dépend) et de parler de Gaza et de la politique israélienne sur scène sans nourrir l’antisémitisme.
Ma paranoïa juive
Dans le précédent numéro, Alicia Herz rendait compte de la distance que le 7 octobre avait fait naître dans son cercle amical. Mais une petite musique trottait : et si j’exagérais ? se demandait-elle. Dans ce numéro, elle rumine ce sentiment d’exagération, se demande si elle n’est pas paranoïaque, et offre une réflexion stimulante sur la paranoïa chez les Juifs.
Harissa et citron confit : trois variations pour une kémia
De quoi la kémia est-elle le nom ? Elle désigne la multitude de hors-d'œuvre servis à l’apéritif en Afrique du Nord. Dans les familles juives, ce terme et cette profusion de salades sont associés aux soirées de shabbat : il peut évoquer les collations que l’on partage à la synagogue après l’office ou le ballet des entrées qui précède en général un ou deux plats chauds. Lola Zerbib-Kahanne nous en propose trois recettes.
La dette et le désir
Brigitte Stora est docteure en psychanalyse et autrice de nombreux essais sur l’antisémitisme. Dans Que sont mes amis devenus, en 2016, elle alertait déjà sur ce qui allait occuper nos esprits les années qui ont suivi : l’impensé de l’antisémitisme à gauche. Elle publie aujourd’hui L’antisémitisme, un meurtre intime, essai dans lequel elle identifie les ressorts profonds de l’antisémitisme : la haine de l’altérité, une jubilation dans la récusation de la dette de l’Histoire vis à vis des Juifs et un rapport pathologique au désir. Daï l’a interrogée pour approfondir ces questions.
Le Rassemblement National : un parti antisémite défenseur des Juifs ?
Alors que le Rassemblement National prétend défendre et représenter les Juifs, il convient de disséquer en détail ces prétentions : ce parti est toujours antisémite, que ce soit dans sa doctrine, dans son recrutement et son rapport à son propre passé. Les tentatives que ses cadres mènent pour se présenter en défenseurs des Juifs, sont, de leur propre aveu, un instrument de respectabilité et de division.
Les visages de Golem #1: auto-portraits, conversations croisées
Le 7 octobre et ses déflagrations ont joué le rôle d’un révélateur pour l’expérience juive. Dans cette conversation croisée, Lucie, Mathilde et Ivan explorent leurs rapports au judaïsme avant et après le 7 octobre et les changements dans leur rapport au judaïsme, au militantisme et à Israël que les récents évènements opèrent en eux.
À la rescousse de Mélenchon
Le 17 juin, l’historienne Ludivine Bantigny et d’autres intellectuels ont affirmé dans un long texte de défense de Jean-Luc Mélenchon que les accusations d’antisémitisme à son encontre n’étaient qu’une disqualifaction infamante. Les historiens Tal Bruttmann et Christophe Tarricone leur répondent.
Jusqu’à quand ?
Lisa Hazan est franco-israélienne, ancienne soldate renvoyée de Tsahal et revenue en France pour ses études. Dans ce texte poignant, elle explore la psychologie collective qui sous-tend une expression proverbiale israélienne, ‘ad mataï, jusqu’à quand ? et ne se résigne pas. Si ce texte n’engage qu’elle, elle tient néanmoins à rappeler que dire la douleur d’une population ne veut pas dire nier celle de l’autre.
Mon ami, je t’écris cette lettre
Comme une déflagration supplémentaire, le 7 octobre a distendu des liens amicaux. Ici, Alicia Herz écrit à un ami avec qui le dialogue a été rompu ce jour-là. Une lettre pleine de colère qui, partant d'une adresse à l'ami en question, s'adresse à la société entière.
Les visages de Golem en questions
À mi-chemin entre le questionnaire de Proust et un inventaire à la Prévert, ces questions proposent une plongée dans nos cultures individuelles pour tenter de dessiner la culture collective de Golem.
Les boulettes ont 70 visages
Pour apprendre à connaître quelqu’un, lui demander quelle est sa recette préférée est une excellente porte d’entrée. En un plat ou deux on peut recueillir des indices sur ses goûts, son héritage culturel et ses habitudes de vie. Une simple assiette et on peut déjà déceler l’unicité d’une personne, parfois même la multiplicité de ses identités.
Quel « rayon paralysant », et comment en sortir ?
Tandis que les cadres insoumis ne comprennent l’antisémitisme qu’au prisme des notions d’instrumentalisation et de « rayon paralysant », Choham Sudre propose ici une réflexion stimulante sur la place de l’antisémitisme en France. Elle analyse les formes que revêt la lutte contre l’antisémitisme et formule des pistes pour la rendre efficace.